DAK’ART 2014

11ème Biennale de l’Art Africain Contemporain 09/05>08/06

Ali Essafi


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Halakat nord-africaines : installation vidéo avec projection au sol, dimension variable, 2014, courtesy de l’artiste.

Halakat nord-africaines est une installation vidéo qui crée une tension entre deux dispositifs de monstration : l’un contemporain, l’installation vidéo ; l’autre plongé dans la plus profonde mémoire nord-africaine, la « Halka ». L’œuvre tente de recréer l’intimité, la proximité et l’implication du spectateur. Halakat nord-africaines est conçue comme un hommage que l’artiste rend à trois œuvres pionnières de la jeune histoire de la cinématographie africaine : Mohammadia, 1974, réalisé par Ahmed Bennys (Tunisie) ; Mémoire 14, 1971, réalisé par Ahmed Bouanani (Maroc) ; Combien je vous aime, 1985, réalisé par Azedine Meddour, commentaire Abdelkader Alloula (Algérie).
Ces trois films ont en commun, malgré la singularité d’écriture de chacun, une liberté illimitée pour raconter de manière personnelle l’histoire d’un drame collectif. Les auteurs ont, en revanche, choisis l’enracinement dans la continuité en prenant le relais du conteur de « halka ».
La « halka » nord-africaine est la forme la plus ancienne d’expression artistique locale. Elle n’a rien à voir avec les stéréotypes orientalistes feutrés ! Sur les places publiques, le cercle d’une « halka » est un espace de liberté incandescent, où les tabous et les règles de bonne conduite sont délibérément enfreints. Le conteur qui n’est jamais en manque d’une provocation, s’y ingénie sans cesse à repousser les limites de l’interdit. « Elargissez le cercle que Dieu élargisse vos tombes ! Que bénis soient le poète et le conteur !... » clamait A.Bouanani, le conteur de « Mémoire 14 ».
Donner à ces œuvres la visibilité et la place qu’elles méritent revient naturellement à la mise en exergue des choix fondamentaux qui les caractérisent : l’oralité ou l’esprit de « halka », et la narration métaleptique. Les deux ont en commun l’intention de franchir des barrières : la « halka » celle avec le spectateur, et la métalepse celle entre le narrateur et son récit.

Né au Maroc en 1963, Ali Essafi étudie la psychologie en France et se dirige ensuite vers le cinéma documentaire et Art & Essai. Il réalise, entre autres, "Général, nous voilà", "Le Silence des champs de betteraves", "Ouarzazate Movie" et "Shikhat’s Blues"… Qui ont été sélectionnés et primés dans divers festivals du circuit international de cinéma. De retour au Maroc, il occupe durant 2 ans le poste de Directeur artistique de la SNRT et anime plusieurs ateliers d’écriture de film documentaire. Commissionné par la 10ème Biennale d’Art de Sharjah, "Wanted", sa dernière production, a été sélectionné dans diverses manifestations d’Art Moderne à travers le monde.

Voir en ligne : sharjahart.org/people/people-by-alphabet/e/essafi-ali