DAK’ART 2014

11ème Biennale de l’Art Africain Contemporain 09/05>08/06

Baudouin Mouanda


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  • © Rochelle photo

Rêve : série de 5 photographies, 60x90 cm chaque, 2013, © Baudouin Mouanda.

Le mariage pour Baudouin Mouanda est tout sauf un comte de fée. Paradoxalement intitulée Rêve, cette série de photos est un regard ironique sur l’utopie du mariage. En photographiant une robe de mariée, à chaque fois portée par une femme différente en fonction du lieu où il se trouve, l’artiste tente d’identifier les motivations qui poussent les femmes à rêver du mariage. Du Congo, à l’Allemagne, en passant par les Etats-Unis, le mariage n’a ni la même signification, ni la même finalité. Pour certaines, il s’agit d’échapper à la misère sociale, pour d’autres il s’agit de mettre fin à une solitude pesante ou encore acquérir un statut social. Bien que l’oeuvre de Mouanda expose une critique de la société, on ne décèle aucun jugement. L’artiste met en lumière une problématique sociale universelle. Ce n’est pas la place de la femme dans le mariage qui est au centre des interrogations. Mouanda remet en question la symbolique de la robe de mariée blanche, symbole de pureté. Il semble que le comte de fée tant rêvé par les petites filles, se révèle être dessein pragmatique.

Baudouin Mouanda est né en 1981 à Ouésso au Congo. Il débute sa carrière en 1993 alors qu’il étudie le droit à l’université de Brazzaville. Surnommé « Photouin », il devient très vite chroniqueur pour les journaux locaux. Cependant il se détourne rapidement des futilités de la vie quotidienne pour se concentrer sur une actualité plus sensible. Ses premières recherches aboutissent à un premier travail d’une sensibilité extrême, intitulé « Les Séquelles de la guerre ». Cette première série remporte un succès local tel qu’il est élu meilleur photographe par l’Académie des Beaux-arts de Kinshasa. Il reçoit le prix de la Fondation Blachère, et le prix Jeune talent de Bolloré Africa Logistics. En 2007, il bénéficie d’une résidence à Paris, où il suit un stage de perfectionnement au CFPJ (Centre de formation et de perfectionnement en journaliste), à Bruxelles à l’école normal supérieure le « 75 ». C’est là que sa route croise celle de Congolais de Paris et notamment des fameux rois de la sape, les « sapeurs », et leur philosophie baptisée « sapologie ». De retour à Brazzaville en 2008, il photographie les plus beaux « sapeurs » de la capitale congolaise. La bourse « Visa pour la création 2009 » de Culture France lui permet de réaliser la série « Hip Hop et société » qu’il présente en 2010 aux Rencontres internationales de la photographie d’Arles. Après avoir couvert la campagne présidentielle française de 2007, il poursuit la même démarche en Afrique francophone. Il collabore avec plusieurs journaux parmi lesquels Jeune Afrique, Le Monde, Express styles, VSD, l’Humanité, Magazine Photo, Afrique Asie et Zam Magazine.

Voir en ligne : www.baudouinmouanda.com