DAK’ART 2014

11ème Biennale de l’Art Africain Contemporain 09/05>08/06

Jean Katambayi Mukendi


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Lukutu : matières plastiques électronique, liquide sur carton, 130x60x60cm, 2013, © Marcel Mukendi.
Taton : biomasse, matières plastiques, électronique sur carton, 40x50x40 cm, 2013, © Marcel Mukendi.

Le travail de Jean Katambayi Mukendi est atypique et complexe. Entre art de la débrouille et expérimentation scientifique, son œuvre traite de problématiques économiques et sociales qui se révèlent non seulement par l’esthétique des œuvres mais aussi par leurs thématiques : éducation, énergie, santé. La particularité de ce travail est l’emploi de matériaux usuels détournés ou la reproduction d’objets du quotidien à partir de matériaux de récupération. L’œuvre Lutuku, traite d’un problème de santé publique en République Démocratique du Congo. Représentant un alambic de fortune, Katambayi révèle les réalités de la fabrication et commercialisation du Lutuku, whisky fortement alcoolisé obtenu par la distillation des grains de mais fermentés. Déjà prohibé par l’administration coloniale, le lutuku est la cause d’une hécatombe sanitaire, rendant malade et inapte au travail. Mais le lutuku est aussi le symbole d’un mal être social fort. A Lubumbashi, centre minier du Congo, le lutuku est devenue le refuge d’une population exploitée, pourtant consciente des risques qu’ils encourent. Les femmes qui produisent le breuvage sont elles aussi exposées aux fumées toxiques. Elles tentent de survirent dans un pays qui combat les conséquences plutôt que de combattre les causes.

Né en 1974, Jean Katambayi Mukendi vit à Lubumbashi, au Katanga (RD Congo). Il a grandit dans l’environnement d’une sidérurgie et des camps de réfugiés façonnés par l’histoire de la colonisation. Jean commence dès son enfance à consacrer des heures à la conception surtout à l’adolescence pendant laquelle il pensait tout transformer, loin des routines de la société. Le carton, matériel basique à portée de main est son matériau de prédilection pour démontrer que la transformation est possible partout. La pratique de Jean est une interaction entre démarche conceptuelle et le fonctionnement de la société. Jean passe des heures à calculer, à découper, à dessiner, à greffer, à récupérer, à assembler en s’appuyant sur les maths, des algorithmes imaginaires, l’électricité (les délestages sont un sérieux problème en Afrique), pour aboutir à des machines rêvées. Jean souhaite explorer les techniques numériques suite à ses résidences et rencontres avec des artistes comme Fenshu Toons dans les collectifs Digibap et Digitale Afrique. Jean a la conviction que l’Afrique sera un pôle actif d’échange dans le monde.

Voir en ligne : www.med-in-marseille.info/spip.php ?...