DAK’ART 2014

11ème Biennale de l’Art Africain Contemporain 09/05>08/06

Wangechi Mutu


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  • © Kathryn Parker Almanas

The End of eating Everything : animation vidéo, 8’10", édition de 6, 2013, Courtesy de l’Artiste et de Gladstone Gallery, New York.

Une grande partie des collages et peintures de Wangechi Mutu utilise le Mylar, un plastique transparent résistant à la chaleur qui fige et lie la couche de peinture au lieu de l’absorber. Ce matériau donne le style distinctif de Mutu qu’elle utilise aussi dans son premier film d’animation The End of eating Everything (Finir de tout dévorer). Mutu intégrant souvent des créatures féminines hybrides dans son travail pour évoquer le corps de la femme, il n’est pas étonnant que ce film mette en scène une femme-créature. La protagoniste, joué par la chanteuse américaine Santigold, est une créature mystérieuse obsédée par la consommation. Elle a le visage d’une femme, les cheveux de Méduse et un corps massif envahi de pustules, des roues de machine et de nombreux bras. Le corps grotesque de la créature, évoluant à travers l’écran comme une planète dans l’espace, émet des nuages ​​de fumée noire qui augmentent l’obscurité de l’arrière-plan. La bande son, un mélange de bruits mécaniques et organiques est une création originale de Mutu. Le titre, The End of eating Everything, fait référence à une probable implosion de la femme-créature elle-même après avoir littéralement tout avalé. Poussée par un appétit égoïste, la créature dévore tout sur son chemin. Cette scène sinistre est une fable nous mettant en garde contre notre culture basée sur l’hyper consommation avec pour axiome le fait que la créature est porteuse de sa propre mort. La créature est une métaphore de ce qui peut survenir pour notre planète et pour nous-mêmes du fait de la cupidité et du gaspillage.

Wangechi Mutu est une artiste née au Kenya et résidant actuellement à Brooklyn, New York. Son travail est une réponse viscérale sur des sujets personnels et sociaux de genre, de culture, d’images des médias. Explorant le corps féminin comme lieu d’engagement et de provocation, ses créatures sont des hybrides cachés qui possèdent une beauté séduisante et d’autant plus abjecte. Le style personnel de l’artiste est d’utiliser une multitude d’images tels que les diagrammes médicaux, les magazines sur papier glacé, des textes anthropologiques et botaniques, du matériel pornographique et les arts traditionnels africains, des cartes postales de voyage et des revues sur la mécanique ou la chasse. Combiné avec des matériaux tactiles comme des paillettes, fausses perles et cheveux synthétiques, les créatures incarnées de Mutu occupent des environnements habités d’une profondeur physique et conceptuelle créant des mythes aux formes inhabituelles. Wangechi Mutu a reçu le prix de Artiste de l’année de la Deutsche Bank en 2010 et a été désignée comme l’artiste de l’année 2013 par le Brooklyn Museum. Elle a exposé dans de grandes institutions, notamment dans des expositions individuelles : Brooklyn Museum ; Musée d’art contemporain d’Australie ; Nasher Museum of Art, en Caroline du Nord ; Staatlichen Kunsthalle Baden-Baden ; Musée d’art contemporain de Montréal ; Wiels Contemporary Art Center, Bruxelles ; Art Gallery of Ontario, Toronto ; Deutsche Guggenheim, Berlin ; San Francisco Museum of Modern Art ; Miami Art Museum. Mutu a récemment participé à la Biennale de Kochi- Muziris , à la Triennale de Paris : Intense Proximité , à la triennale du Centre International de Photographie et à la Biennale de Moscou. Son travail est présent dans des collections : Musée d’Art Moderne de New York ; Whitney Museum of American Art ; Studio Museum de Harlem ; Musée d’Art Contemporain , Chicago ; Musée d’Art Contemporain de Los Angeles ; Musée d’art contemporain de Montréal ; Tate Modern à Londres .

Voir en ligne : www.wangechimutu.com