DAK’ART 2014

11ème Biennale de l’Art Africain Contemporain 09/05>08/06

Bouchra Ouizguen


English
français

  • crédit photo Cie O

HA !  : Chorégraphie : Bouchra Ouizguen. Chanteuses, danseuses : Kabboura Aït Ben Hmad, Fatima El Hanna, Bouchra Ouizguen, Naïma Sahmoud, 2013, © Hervé Véronèse.

« Dans l’amour, demande-moi le résumé de la folie
Demande-moi l’âme et la raison perdues
Demande-moi cent évènements qui augmentent chaque jour
Demande-moi cent déserts remplis du feu du sang … »
Djalâl ad-Dîn Rûmî (1207 – 1273)

S’inspirant de quatrains de Djalâl ad-Dîn Rûmî, grand poète persan et mystique soufi à l’origine de l’ordre des derviches tourneurs, Ha !, la dernière création de Bouchra Ouizguen, explore des états de folie. Mais quelle folie ? Celle du génie ou de la sagesse ? Ordinaire ou sanguinaire ? Aliénante ou libératrice ? Amoureuse ou désespérée ? Délirante ou insensée ? Si, en Europe, les fous sont toujours enfermés, ce n’est pas le cas dans la culture arabe où ils ont leur place dans la cité. Les mots pour qualifier la folie sont nombreux, tout comme les remèdes qui passent par le chant, la danse et les rituels mystiques, transe ou chamanisme.
Poursuivant, avec Fatima El Hanna, Kabboura Aït Ben Hmad et Naïma Sahmoud, le processus de travail qui a mené au succès de Madame Plaza, Bouchra Ouizguen est repartie en voyage sur le territoire marocain pour creuser le rapport que chacune entretient, corps et âme, avec ses obsessions et approfondir son travail.
À la montagne, dans les écoles, les bars ou même le désert. À la recherche des autres, de ceux qui nous effraient ou nous aliènent, de ceux qui sont étrangers à tous et même à soi-même, de ceux dont le silence nous inquiète et parfois nous réveille. Ces femmes et ces hommes qui, par l’intensité de leur présence, nous dévoilent une vie à-rebours.
Ce spectacle n’est ni une danse, ni une performance, ni une installation, ni une œuvre de théâtre... ni quoi que ce soit d’autre d’habituel. C’est une expérience limite d’où spectateurs et artistes sortent littéralement épuisés.

Bouchra Ouizguen est une danseuse chorégraphe marocaine née en 1980 à Ouarzazate. Elle vit et travaille à Marrakech où elle s’est engagée dans le développement d’une scène chorégraphique locale depuis 1998. Autodidacte et danseuse orientale dès l’âge de 16 ans, elle crée ses premières pièces expérimentales telles que « Ana Ounta » ou « Mort et moi » nourries par ses intérêts pour le cinéma, la littérature, la musique... Fondatrice de l’association Anania en 2002 avec Taoufiq Izeddiou et Said Ait Elmoumen , avant de fonder sa Compagnie O en 2010 ; elle collabore notamment avec Mathilde Monnier , Bernardo Montet, Boris Charmatz , Julie Nioche et AbdellahTaïa… En 2010, elle reçoit le prix de la révélation chorégraphique de la société des auteurs et compositeurs dramatiques (Sacd) et le prix du syndicat de la critique Théâtre Musique Danse avec le libérateur Madame Plaza, ou elle partageait la scène avec trois performeuses issues de la tradition des Aïtas. En 2011, elle crée avec le chorégraphe Alain Buffard le solo Voyage Cola dans le cadre des Sujets à Vif du Festival d’Avignon. En juin 2012, elle créée HA ! Pièce pour 4 danseuses/chanteuses au Festival Montpellier Danse qu’elle reprendra en 2013 au Centre Pompidou, Paris.

Fatima El Hanna, née à Brikiyine au Maroc. Elle a appris la danse et le chant « Aïta Marsawioua » avec différents groupes à Safi. Elle a travaillée avec des troupes populaires pour les cérémonies, les mariages, festivals et dans des cabarets au Maroc. Elle rencontre Bouchra en 2008 qui l’invite à faire partie du spectacle Madame Plaza et à rejoindre la compagnie O.

Naïma Sahmoud, née à Sidi Bouathmane au Maroc. Autodidacte, elle commence le chant à l’age de 18 ans. Depuis elle n’a pas arrêté. Dotée d’une voix exceptionnelle, elle perfectionne le chant « Aïta Haouzia » spécifique de la région de Marrakech. Elle est souvent sollicitée pour les festivals de chants, pour les cérémonies de mariages, ou pour les soirées de cabarets. Elle rejoint le spectacle Madame Plaza et la compagnie O en 2008.

Kabboura Aït Ben Hmad, née à Marrakech. Elle commence sa carrière avec son marie, musicien. Elle est chanteuse et percusionniste spécialiste du répertoire de la Aïta Haouzia de la région de Marrakech. En 2008, elle rejoint la Compagnie O et commence à jouer dans le spectacle Madame Plaza.

puce voir aussi : www.youtube.com/watch?v=_Xm2DZsMf7A

Voir en ligne : Chorégraphie HA ! sur Youtube