DAK’ART 2014

11ème Biennale de l’Art Africain Contemporain 09/05>08/06

Jimmy Robert


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Untitled (Visage) : Tirage jet d’encre, 35.8 x 27.2cm, cadre en noyer avec fond en medium, 2013, Courtesy Jimmy Robert et Galerie Stigter van Doesburg, © Thibaut Voisin.
Untitled (Skin)  : Tirage jet d’encre, 110 x77cm, 2013, Courtesy Jimmy Robert et Galerie Stigter van Doesburg, © Thibaut Voisin.

L’oeuvre de Jimmy Robert manipule le langage, la forme et l’objet pour en faire des oeuvres délicates dont il est seul à saisir le sens dans son entièreté. Le refus de cloisonner l’œuvre dans une signification prédéfinie, laisse place au ressenti.
Untitled (visage) et Untitled (skin) forment un dialogue sur le rapport du corps au tactile et à sa visibilité. Robert affirme les limites de sa représentation dans l’espace – le corps étant une surface, une plateforme du dialogue artistique. Les oeuvres de papier de Robert sont le résultat d’un assemblage de sources visuelles diverses (images prises ou trouvées par l’artiste) qu’il affectionne ou qui ont pour lui une signification particulière. Ces images sont ensuite manipulées par le biais d’opérations d’impression et de digitalisation. En découle un travail hybride qui s’allie à la force du langage écrit. Le choix du papier n’est effectivement pas anodin car c’est un support par lequel le discours reste inscrit dans les mémoires. Si la mémoire et le ressenti passent par l’esprit, ils passent également par le corps. L’image du corps est, pour Robert, un medium qui matérialise l’action de l’artiste mais aussi la projection de l’oeuvre sur l’artiste et sur celui qui la regarde.

Né en Guadeloupe en 1975, Jimmy Robert vit à Berlin. Il travaille avec des techniques différentes telles que la photographie, le collage, la sculpture, les livres d’artistes, le film et la performance. À travers ses explorations de la relation entre les images et les objets, Jimmy Robert porte son attention sur la dynamique qui existe entre différentes surfaces. Les questions d’identités et de sa représentation sont au coeur de son travail et il utilise une variété de références littéraires, artistiques et musicales afin de souligner la fragilité des techniques qu’il utilise. Influencé par le Nouveau Roman et particulièrement le travail de Marguerite Duras ; Robert choisit d’occulter le sens de son travail, ce qui donne de subtiles transitions entre espace et surface, d’une image à son concept ou d’un texte à une idée. Ces transformations d’un espace à un contenu sont souvent mises en relation au corps de l’artiste lui-même. Dans ses images par exemple, on reconnaît la main de l’artiste établissant un rapport entre l’image et son environnement. Dans ses performances par contraste, le corps de Jimmy Robert devient une surface de projection où la tension entre le portrait et son contenu révèle la relation qui existe entre appropriation et aliénation. Depuis Goldsmiths university à Londres et la Rijksakademie à Amsterdam ; Jimmy Robert a exposé à la 5ème biennale d’art contemporain de Berlin ; Tate Britain, Londres ; Wiels , Brussels ; Art:concept, Paris ; CCA Kitakyushu, Japon ; Cubitt, Londres ; Neuer Aachen kunstverein, Allemagne ; MoMA, New-york ; CAC Brétigny, France ; Diana Stigter , Amsterdam. Jimmy Robert a reçu le prix Fluxus-after fluxus en 2009. En 2012, il a eu deux expositions individuelles à la galerie du Jeu de Paume et au Musée contemporain de Chicago et en juin 2013 une exposition personnelle au Power Plant de Toronto.