DAK’ART 2014

11ème Biennale de l’Art Africain Contemporain 09/05>08/06

Wael Shawky


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Al-Araba al-Madfuna 2 : vidéo, 34’ 44", 2013, Courtesy de l’artiste & Sfeir-Semler Gallery, Beirut / Hambourg.
Dictums : 10:120 : vidéo, 23’ 40", 2013, courtesy de Sharjah Art Foundation.
Dictums : Manqia 1 : vidéo, 11’ 10".

Wael Shawky est l’artiste de la synthèse. Il crée depuis plusieurs années une convergence entre la mémoire artistique du monde arabe et les situations les plus contemporaines. Il s’intéresse à la manière avec laquelle les hommes écrivent l’histoire, comment ils la mettent en fiction, ainsi qu’à un des fondements de la pensée du monde arabe : la langue arabe littéraire, al-fussha.
Il y a une dizaine d’années, il est invité dans un village de la Haute-Egypte, Al-Araba Al-Madfuna. Il y découvre le monde des chercheurs de trésors pharaoniques, des Cheikhs comme on les appelle dans cette région - des shamans des temps modernes. L’artiste essaye de « comprendre » l’étrange cohabitation dans la vie quotidienne entre un monde métaphysique fait de magie, de spiritualité, de récits fictionnels liés aux trésors enfouis sous terre, et un monde physique d’une vie de village des plus habituelles.
A partir de cette expérience va naître un film en deux parties Al-Araba al-Madfuna 1 & 2.
Pour rendre compte de l’étrangeté qu’il ressent, Wael Shawky construit le scénario du film à partir des histoires de Mohamed Mustagab (1938 – 2005) – auteur égyptien connu pour ses histoires courtes, ainsi que ses essais littéraires. Son œuvre est marquée par un usage raffiné de la langue arabe et par un imaginaire où cohabitent le rêve, le mythe et la réalité.
Le scénario du film Al-Araba al-Madfuna 2, présenté à la Biennale de Dakar, est tiré de deux courtes histoires de l’écrivain égyptien : L’offrande et les chevaliers aiment les parfums. On y voit des enfants habillés en adultes parlant une langue arabe parfaite avec des voix adultes, l’ensemble dans un décor naturel flottant entre le rêve et la réalité. La superposition de ces images antagonistes (enfance / âge adulte, langue littéraire / décors quotidien banale …) provoque une tension dans le récit cinématographique. Nous regardons une histoire, celle des images du village, alors que nous entendons une autre histoire, celle des textes récités par des adultes à travers des corps d’enfants.
Dictums : 10:120 est la vidéo d’une performance produite à l’occasion de la Biennale de Sharjah 2013 dans laquelle l’artiste rassemble 30 travailleurs d’origine pakistanaise. Ils sont invités à chanter un récital accompagné par deux musiciens professionnels formés au chant traditionnel Soufi. Les mots chantés sont tirés des textes curatoriaux de la manifestation d’art contemporain que l’artiste fait traduire en Urdu.
Dans ce télescopage entre forme et fond, l’artiste questionne les institutions de l’art contemporain dans leurs relations avec les communautés locales.

Voir en ligne : www.sfeir-semler.com/gallery-artist...