DAK’ART 2014

11ème Biennale de l’Art Africain Contemporain 09/05>08/06

Zach Blas

  • Face Cage 1 : installation, impression numérique, acier, 2014. © photo : (...)
  • Face Cage 1 : détail. © Christopher Oleary.
  • Face Cage 1 : détail, acier. © photo Lucie Falque-Vert

Zach Blas est un artiste et un écrivain dont l‘œuvre explore la technologie, l’étrangeté et la politique. Les appareils biométriques ne reconnaissent pas souvent des personnes non normatives, appartenant à des minorités, ce qui les rend plus vulnérables face à la discrimination, la violence, la criminalisation : les mains des femmes asiatiques ne sont pas reconnues par les détecteurs d’empreintes ; les yeux atteints de cataractes compliquent la reconnaissance par l’iris ; les peaux sombres sont difficilement identifiables ; et les anomalies liées à l’âge, au sexe ou à la race mettent en échec l’identification. Ces exemples montrent l’arbitraire grossier et nuisible de ces calculs abstraits et superficiels de la biométrie.
Dans la reconnaissance faciale biométrique, l’entité minimale est un diagramme coloré que l’ont superpose par dessus les visages pour les authentifier, vérifier, traquer. Ces diagrammes sont une sorte d’abstraction négative, une vision de l’humain réduit à un diagramme standardisé, normalisé, idéologique. Quand on isole ces diagrammes des visages auxquels ils sont connectés, ils deviennent des structures dures, tranchantes et incongrues ; en fait, ce sont des portraits numériques d’une déshumanisation.
L’œuvre Face Cages est une mise en scène de la violence abstraite du diagramme biométrique. Les diagrammes sont conçus comme des objets tridimensionnels en métal évoquant la matière de menottes, de barreaux de prison ou des engins de torture de l’esclavage aux USA ou au Moyen-Age. Le diagramme biométrique virtuel supposé mesurer parfaitement la face, une fois matérialisé comme objet physique, se transforme en une cage qui n’épouse pas facilement les dimensions de la tête humaine et est extrêmement pénible à porter. Ces cages accentuent et donnent à voir l’incompatibilité d’un diagramme biométrique standardisé, néolibéral avec la matérialité de la face humaine réelle et la violence produite quand on les forcent à coïncider. Zach Blas vit et travaille à Los Angeles.