DAK’ART 2014

11ème Biennale de l’Art Africain Contemporain 09/05>08/06

Kader Attia


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  • Courtesy Per Kristiansen

Indépendance Tchao : installation, sculpture, technique mixte, dimension variable, 2014, courtesy de l’artiste.

En marchant dans les rues du centre-ville de Dakar, Kader Attia aime regarder, comme on apprécie des sculptures dans un musée, la mise en scène des rêves de la modernité architecturale, tantôt coloniale, tantôt indépendantiste, mais surtout hégémonique. Avec pour dogme absolu du modernisme : le béton.
Il y a un bâtiment en centre-ville qui attire tant par sa structure mi-nid d’abeille, mi-store brise soleil, que par son illustre nom : l’Hôtel de l’Indépendance.
Négligé, oublié, puis désaffecté, l’Hôtel de l’Indépendance incarne le plus juste témoignage de ce que le rêve des indépendances a de néfaste. Il reste là, comme le plus beau monument, ou plutôt mémorial de l’échec des projets de sociétés que la plupart des révolutionnaires, aujourd’hui au pouvoir en Afrique et ailleurs, n’ont pas voulu ou pas pu initier.
En inversant la position d’un casier métallique de rangement récupéré à Alger il y a quelques années dans un vieux bâtiment désaffecté, Kader Attia se réapproprie cette forme caractéristique du bâtiment de l’Hôtel d’Indépendance. Réplique de cette architecture, son œuvre rappelle, avec cynisme et poésie à la fois, la beauté de la simplicité du grand projet architectural moderne colonial, sa dimension politique, et son caractère despotique.

Né en 1970 près de Paris, de parents algériens, Kader Attia passe son enfance entre la banlieue parisienne et le quartier de Bab el Oued à Alger. Il étudie la Philosophie et l’Art à Paris - à l’Université de Paris VIII et à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Appliqués de Paris Duperré, et, en 1993, passe un an à la Escola de Artes Applicades La Massana à Barcelone. L’enfance de Kader Attia, passée entre la France et l’Algérie, oscillant antre l’Occident chrétien et le Maghreb musulman, a eu un impact déterminant sur son travail. Les années qu’il passe au Congo-Kinshasa et au Venezuela le marquent également profondément. Utilisant ses propres identités comme point de départ, il questionne les relations entre la Pensée occidentale et les cultures extra-occidentales, et ce particulièrement à travers les thèmes de l’Architecture, du Corps humain, de l’Histoire, de la Nature, et de la Culture. La première exposition personnelle de Kader Attia a lieu en 1996, en République Démocratique du Congo. Puis il acquiert une reconnaissance internationale à la 50ème Biennale de Venise en 2003 et à la Biennale de Lyon en 2005. À l’occasion de cette dernière, il crée l’oeuvre “Flying Rats”, présentant des sculptures d’enfants de taille réelle faites de graines et se faisant dévorer par 250 pigeons. Parmi ses expositions les plus récentes, on peut citer Continuum of Repair : The Light of Jacob’s Ladder, une exposition personnelle à la Whitechapel Gallery, Londres / GB, Reparatur 5. Acts, une exposition personnelle au KW Institute for Contemporary Art, Berlin / Allemagne, Construire, Déconstruire, Reconstruire : Le Corps Utopique, une exposition personnelle au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris / France, et les expositions collectives dOCUMENTA(13) à Kassel / Allemagne, Performing Histories (1) au MoMA, New York / USA, 10 ans du Projet pour l’Art Contemporain, au Centre Pompidou, Paris / France, la 4th Moscow Biennale, à Moscow / Russie, The Global Contemporary. Art World after 1989, à ZKM, Karlsruhe / Allemagne, Contested Terrains, à la Tate Modern, London / GB. Kader Attia vit et travaille à Berlin et Alger.

Voir en ligne : www.saatchigallery.com/artists/kade...