DAK’ART 2014

11ème Biennale de l’Art Africain Contemporain 09/05>08/06

Mahi Binebine


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Sans titre : diptyque, cire et pigments sur bois, 220 x 100 m chaque, 2012, courtesy de l’artiste.

Il y a dans l’œuvre de Mahi Binebine une permanence : la tentation de figurer. Une tentation à laquelle l’artiste essaye de résister. Ce sont des peintures de résistance à la simplicité figurative.
Installées entre une présence certaine et le besoin continu de disparaître, les peintures qu’il réalise s’attaquent à une question à jamais posée : que reste-t-il de la représentation ? Car lorsqu’un un artiste peint, à bien des égards, il fabrique un « reste » à verser dans une relative éternité.
« Mettre devant les yeux ce qui est déjà là » disait Abdelkbir Khattibi à propos de la représentation. Devant l’œuvre de Mahi Binebine, il s’agit d’un déjà là qui échappe à la raison, à la définition courte. Dire de cette peinture qu’elle représente des hommes ou des femmes serait ne pas la voir de près. Chaque corps peint par Binebine se refuse à toute catégorie. Asexuées, non identifiables, ces figures « d’humains, peu humains » habitent des non-espaces, des géographies perdues. Maintenues en lévitation, enchâssées dans le souvenir d’architectures, les figures se tiennent. Emmêlés les uns aux autres, ces corps relient Eros et Thanatos dans un inquiétant ballet dansant des couleurs.

Né en 1959 à Marrakech, Mahi Binebine s’y est installé définitivement en 2002 après avoir longtemps vécu et travaillé à Paris, New York et Madrid. Le parcours de cet artiste est atypique : professeur de mathématiques à Paris, il quitte l’enseignement à la fin des années 80 pour se consacrer à l’écriture et à la peinture et, depuis peu, à la sculpture. Plusieurs de ses romans traduits en une dizaine de langues l’ont confirmé comme l’un des écrivains marocains les plus talentueux. Exposée notamment en France, à New York, en Allemagne ou aux Etats-Unis, son oeuvre remarquée par d’importants critiques d’art et grands collectionneurs fait partie de nombreuses collections publiques et privées dont celle du Musée Guggenheim de New York, le Musée de Bank Al Maghrib, la Fondation Kinda, Le Musée de Marrakech, la Fondation Kamal Lazaar, la Société Générale, Attijariwafa Bank, le Crédit Agricole du Maroc, le CIH Maroc, la BMCE Bank, la Caisse de dépôt de et Gestion.

Voir en ligne : www.mahibinebine.com