INNOVATIONS DE LA BIENNALE

Nous voici, une fois de plus, au rendez-vous de cette importante manifestation culturelle et artistique qui a traversé trois décennies d’existence. À chaque étape, des femmes et hommes militants convaincus pour la bonne cause du « Dak’Art » ont donné le meilleur au fil des différentes éditions. Cette célébration trentenaire apporte des innovations et garde en repère tous les acquis des précédentes éditions. Nous avons osé le pari de l’innovation pour une Biennale ancrée dans la sphère des arts visuels, sans pour autant rompre avec sa dynamique inclusive et holistique.

En plus des traditionnelles options que sont l’exposition internationale (qui intègre pour cette édition, un focus sur le grand maître malien Abdoulaye

Konaté) et les expositions des commissaires invités, cette édition renforce les manifestations d’environnement dites expositions « Off » avec une diversité de propositions artistiques à travers tout le Sénégal.

L’Exposition des « pavillons du Sénégal et des pays invités », avec une participation de la Chine et probablement du Ghana, est une expérience débutée en 2018 qui a permis de « réconcilier » le commun des artistes plasticiens sénégalais avec le Dak’Art. Cette seconde édition permettra de mieux valoriser les acquis et leçons pratiques tirées de l’édition précédente. Le projet « Doxantu », proposé par le Directeur artistique compte remobiliser le public et repousser les limites pour que la Biennale se découvre partout dans l’espace urbain dakarois. Des artistes sélectionnés vont réaliser des oeuvres « In-Situ » sur la Corniche Ouest afin de mieux contribuer au design urbain et à l’embellissement des sites concernés, tout le long de ce parcours.

En articulation avec le projet « Doxantu », une compagnie de taxis dakaroise sera engagée pour porter les emblèmes du Dak’Art 2020 (logo et visuels institutionnels) afin de diffuser la portée de l’événement avec le volet nommé « In Transit ». Ce dernier s’inscrit dans la mobilité et compte diffuser largement les informations de la Biennale à travers un réseau d’écrans géants numériques connectés sur les sites d’expositions de la Biennale et l’implication de jeunes rollers aux couleurs du Dak’Art 2020. Pour un maillage complet de cette communication visuelle, les compagnies « Dakar Dem Dikk » et AFTU porteront aussi les couleurs et affiches du Dak’Art 2020 afin d’atteindre les publics de toutes les zones urbaines dakaroises. Deux sites identifiés en banlieue (Pikine et Guédiawaye) vont accueillir des écrans géants connectés permettant de visualiser, en diffusion permanente, les expositions présentées au centre-ville.

Pour une première fois dans l’histoire de la Biennale, cette édition invitera des collectionneurs sénégalais à exposer certaines oeuvres choisies de leurs collections privées pour une valorisation de ce patrimoine autour d’une exposition publique.

Dans les régions, une liaison institutionnelle avec les Centres culturels régionaux va reconduire et renforcer la tradition des « Expositions OFF » au sein des sites dédiés à l’événement. Cette édition est aussi une palette d’initiatives nouvelles dont Afroeats Show (pour la revalorisation de la gastronomie africaine et sa promotion internationale), le Ciné-Musée (cinéma mobile) qui propose de faire entrer l’art dans les coins et recoins de Dakar et dans les régions, à travers des séries de projections de films, un espace multimédia consacré aux blogueurs et journalistes culturels, une foire d’art (Marché) à la place de l’Indépendance, une Exposition de livres d’art en marge des activités des « Rencontres et échanges » et un atelier pédagogique pour enfants (éducation artistique et arts graphiques) avec des illustrateurs renommés.

L’édition 2020 travaillera sur la valorisation des métiers autour de la biennale, déclinée sous « L’autour de la Biennale » avec des filières à professionnaliser. Ce travail fait suite à l’exploitation des résultats des travaux statistiques réalisés l’année dernière par l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD), portant sur le financement de la Biennale, son économie et ses niches d’opportunités.

Le programme « Terang’Art » permettra de mieux sensibiliser les partenaires officiels, les parlementaires, les décideurs institutionnels et privés, et les différentes parties prenantes sur l’art et la culture. Ce sera à travers des contenus d’animation (projections de films, soirées gastronomiques, etc.) et d’exposition des réalisations d’artistes et d’artisans nationaux.

Cette édition des 30 ans est aussi symbolique à travers une certaine démarche inclusive qui compte valoriser toutes ces activités autour d’un objectif portant sur la promotion du tourisme culturel et de découvertes. Pour accentuer le potentiel économique de la Biennale de Dakar, des boutiques proposeront différents objets artisanaux à travers les sites officiels. De même, il sera lancé des « E-Boutiques » (vente en ligne sécurisée) fonctionnelles à travers le nouveau site internet de la Biennale revu et amélioré.

La cérémonie d’ouverture proposera un contenu spécifique qui articule les prouesses des outils numériques et les performances d’artistes. Les arts vivants seront également au coeur de l’événement avec des programmes prévus autour de « performances » d’artistes des cultures urbaines, d’une compagnie de danse Sénégalo-canadienne, de l’utilisation des technologies numériques pour des « mapping » et des concerts musicaux avec des artistes de renom pour rehausser l’animation. Dans l’espoir que cette programmation parvienne à satisfaire nos différents publics cibles, nous vous souhaitons de vivre intensément cette belle fête des arts visuels dans les prochains mois à venir !