Allocution de Maître Amadou Moustapha NDIAYE

PRESIDENT DU COMITE D’ORIENTATION DE LA BIENNALE EDITION 2020

Monsieur le Ministre de la Culture et de la Communication,

Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et représentants du Corps diplomatiques,

Monsieur le Secrétaire général du Ministère de la Culture et de la Communication,

Monsieur le Directeur de Cabinet du Ministre de la Culture et de la Communication,

Mesdames et Messieurs les membres du Comité d’orientation de la Quatorzième édition de la Biennale,

Madame le Secrétaire général de la Biennale de l’Art africain contemporain,

Monsieur le Directeur général du Musée des civilisations noires,  

Mesdames et Messieurs les Directeurs et chefs de services du Ministère de la Culture et de la Communication,

Monsieur le Directeur Artistique, 

Mesdames et Messieurs les membres de la communauté artistique et culturelle,

Mesdames, Messieurs les Partenaires de la Biennale,

Mesdames, Messieurs les Journalistes,

Mesdames, Messieurs, chers invités,

Je voudrais, avant toute chose, exprimer ma profonde gratitude à M. Abdoulaye Diop, Ministre de la Culture et de la Communication, pour le choix porté sur ma modeste personne pour coordonner le Comité d’Orientation de la 14ème édition de la Biennale de l’Art africain contemporain. J’associe naturellement à ces remerciements Mme Marième Bâ, Secrétaire générale de la Biennale de Dakar, et je profite de l’occasion pour la féliciter de la réussite de l’édition précédente.

Cette redoutable mission, que j’ai l’honneur d’accomplir dans un Comité composé d’éminentes personnalités toutes reconnues dans leur domaine, je la prends d’abord comme un sacerdoce.

Je considère également que c’est un honneur rendu aux collectionneurs d’art, ces étranges personnages souvent si discrets, et dont, paradoxalement, l’art et la culture ne sont pas en général l’orientation professionnelle, mais qui sont si essentiels dans la promotion économique de la création et des créateurs.

Fixer les grandes orientations de cette édition majeure de la Biennale de Dakar est une grande responsabilité que le Comité d’Orientation assume avec humilité, détermination et esprit de sacrifice.

Il s’agit en effet, comme le susurre le thème général de la Biennale, de « forger », c’est-à-dire, en définitive, de faire advenir une création originale d’une matière informe, brute, grâce à l’action essentielle du feu.

C’est aussi un peu, symboliquement, le travail du Comité d’orientation. Mais là, et contrairement à la forge, la matière qui y est travaillée n’est pas brute ni informe.

La Biennale s’inscrit en effet dans une longue tradition de capacités d’organisation, de savoir-faire et de savoirs qui constituent son identité. Mais cette matière-là est faite pour s’adapter à la marche du temps, en termes de création et de réflexion.

Enfin, qu’il me soit permis de saluer particulièrement l’engagement du Secrétariat général de la Biennale à mettre de plus en plus en valeur l’aspect économique de la culture, en faisant du marché de l’art un volet essentiel du programme général. Un marché qui bien sûr nécessite un régime juridique, des tendances, de l’expertise et la valorisation des œuvres d’art.

Dans le contexte du Plan Sénégal Emergent (PSE) qui, dans l’Axe 1 « Transformation structurelle de l’économie et croissance », lui assigne comme objectif global de « valoriser les potentialités et à stimuler le talent et la créativité des artistes pour accroître le volume et la qualité de la production culturelle et artistique », le secteur culturel est tenu de s’adapter aux mutations du monde actuel.

Le soutien des grands événements artistiques et des institutions culturelles est aussi une façon de créer une dynamique forte et de réaffirmer politiquement la nécessité de la présence des créateurs sur le territoire. Un territoire qui invente sans cesse et permet à ses habitants de se confronter régulièrement à la création, est un territoire qui développe son potentiel créatif et qui, de fait, améliore son attractivité.

Les décideurs publics et privés le savent. Pour cela, la relation aux partenaires, qu’ils soient publics ou privés, doit être de qualité et gérée avec beaucoup de sincérité, de transparence et de professionnalisme. La confiance et l’échange doivent fonder le partenariat. Il est vrai aujourd’hui que la crise économique nous fragilise tous, mais si la crise représente un danger, elle est aussi une opportunité de nous questionner et d’inventer de nouveaux modèles économiques de financement des institutions culturelles.

Enfin, en faisant le choix d’appuyer leur communication ou leurs opérations de relations publiques sur un événement ou une institution culturels, alors qu’elles pourraient le faire tout aussi efficacement ailleurs, les institutions et entreprises partenaires affichent un choix de société. Elles œuvrent au développement d’une autre forme d’intelligence, que l’on appelle sensible ou émotionnelle, dont on connaît aujourd’hui l’importance vitale pour le fameux « vivre ensemble », particulièrement en période de crise sociale, économique et politique.

L’enjeu aujourd’hui est donc celui de l’instauration d’un dialogue efficace et privilégié entre artistes, publics, acteurs économiques, législateurs, institutions et événements. C’est en tenant compte de leurs propositions, de leurs attentes et de leurs moyens propres, que les projets menés par la Biennale s’inscriront dans une dynamique d’émergence durable.

C’est également à ce prix que l’art sera le mieux inséré dans l’activité économique, afin que le créateur puisse vivre de son art et que le statut social de l’artiste soit davantage valorisé.

C’est toute la démarche de politique culturelle qui doit s’inscrire dans la durée pour produire ses fruits.

Mesdames, Messieurs, chers invités

Je vous remercie de votre aimable attention