Le mot de M.Abdoulaye DIOP, Ministre de la culture et de la communication

La Biennale de l’art africain contemporain, communément appelée DAK’ART, est au carrefour de la rencontre de créateurs venus d’horizons divers, de disciplines artistiques distinctes mais convergentes, d’espaces marqués par des continuités, de thématiques qui peuvent interpeller un large public, au-delà des praticiens et des spécialistes de l’art.

 L’Etat du Sénégal, qui a initié et porté la Biennale depuis sa création en 1989, d’abord pour les arts et les lettres, s’est toujours évertué à en assurer la pérennité, tout en veillant à ce que son attractivité, rendue possible par la qualité de ses expositions, de son programme et de ses thématiques, puisse se renforcer d’édition en édition.

La construction d’une identité et le développement de l’image de son territoire ont été un des défis majeurs de la Biennale de l’art africain contemporain depuis sa création en 1990. Il est des créations faites pour leur époque : leur gloire est immédiate, mais elle ne dure pas.

C’est la durée qui donne aux projets culturels une âme, qui la leur rend ou la leur reprend, qui les exalte ou les déprécie. 30 ans de parturition, de doutes et de vicissitudes, de dynamique créatrice, de réinvention, de ponts créés avec d’autres aires géographiques et culturelles, de manières de considérer, d’appréhender et de forger le monde.

Les trente années qui vont s’écouler en 2020 nous montrent que la biennale de l’art contemporain reste le champ de la création artistique qui a connu le développement le plus important avec un engouement des publics divers et nouveaux toujours croissant. Le lien spécifique et très singulier qui unit la communauté artistique et les publics divers à l’institution de la Biennale, permet de développer un rapport particulier au temps, additionnant la force de l’événement à la nécessité de la mémoire et de l’action permanente.

Nous ne célébrons pas en 2020, uniquement les réalisations des 30 années passées ; nous ouvrons, également, ce qui importe plus encore,
un débat sur l’avenir de la biennale.

C’est aussi le lieu de rendre hommage à tous les secrétaires généraux qui se sont succédés aux commandes de l’institution pour leur capacité à mettre en oeuvre une énergie et des ressources multiples, un regard ouvert sur la création en mouvement et une sensibilité particulière aux problématiques contemporaines qui traversent notre société.