LA DIRECTION ARTISTIQUE DE LA BIENNALE 2020

Pour la deuxième fois de son histoire, le « Dak’Art » porte son choix sur un commissaire sénégalais pour conduire la célébration de cette édition trentenaire de la Biennale de l’art africain contemporain. 

La bio du  Directeur Artistique, Dr Malick NDIAYE

Le Directeur artistique, El Hadji Malick NDIAYE est docteur en Histoire de l’art de l’Université Rennes II. Il est également diplômé de l’Institut National du Patrimoine (Paris) et est un ancien boursier de l’Institut National d’Histoire de l’Art (Paris). Ancien post-doctorant du Laboratoire d’excellence Création, Arts et Patrimoines (Labex CAP) et du Centre de Recherches sur les Arts et le Langage (EHESS/CNRS), il est Secrétaire général d’ICOM/Sénégal et membre du bureau de Art Council of African Studies Association (ACASA). Membre du Comité d’orientation de l’édition 2018 de la Biennale de l’art africain contemporain, il en a dirigé la Commission Rencontres et échanges. 

Il enseigne l’Histoire de l’art et le Patrimoine culturel, collabore avec plusieurs revues et participe à diverses activités scientifiques internationales. Il est actuellement chercheur à l’IFAN/Ch. A. Diop (Université Cheikh Anta Diop de Dakar) où il est Conservateur du Musée Théodore Monod d’art africain. Commissaire d’exposition et théoricien de l’art, ses publications portent sur l’art moderne/contemporain et l’histoire globale, les politiques culturelles et les institutions muséales africaines. 

  • LE MOT DU DOCTEUR EL HADJI MALICK NDIAYE, DIRECTEUR ARTISTIQUE  DE LA BIENNALE DE DAKAR

Le thème général de la 14ème édition de Biennale de l’Art africain contemporain est « Ĩ NDAFFA /FORGER /OUT OF THE FIRE ».

 Ce thème général renvoie à l’acte fondateur de la création africaine, lequel nourrit la diversité des créativités contemporaines africaines, tout en projetant de nouvelles manières de raconter et d’appréhender l’Afrique. Il dénote la dynamique et l’action de créer, de recréer et de malaxer. 

Il renvoie ainsi à la forge qui transforme et au gisement d’où provient la matière première et au feu qui crée. Forger consacre l’acte de transformer une ou des matières portées à incandescence dans un feu, a n de créer de nouvelles formes, textures et matérialités et par ce geste, un monde nouveau. 

Ĩ NDAFFA s’inspire de I NDAFFAX qui – en langue sérère parlée au Sénégal – invite à la forge. En posant sa graphie comme une double action de nommer et de dérouter le sens, le terme énonce aussi bien la liberté de transformer que les multiples possibilités de créer. 

Comme un slogan, Ĩ NDAFFA est alors une performance graphique. De la même manière, l’expression – Out of the Fire – a été choisie pour mieux suggérer l’alchimie de la forge et l’acte transitoire qui amène vers une nouvelle étape. Elle indique la production et non le produit. Avec ces partis-pris, l’édition 2020 de la biennale de Dakar invite à la transmutation des concepts et à la fondation de nouveaux sens. 

Dans le schéma d’une nouvelle dialectique à l’intérieur du global, Forger s’appesantit sur la création de nouvelles mythologies au sein d’une Afrique ré-imaginée où le savoir est appréhendé dans une géographie quantique, en vue d’affirmer des contemporanéité africaines riches de créativité et de synthèses et faire ainsi exister des mondes. Forger est ici entendu non pas dans le sens de la construction d’un fac-similé, mais d’un retour à cet espace originel, la forge, pour construire de nouvelles narrations et de nouveaux outils d’appréhension de l’Afrique. 

Il s’agit donc de construire de nouvelles écritures plastiques, de nouveaux savoirs et savoir-faire qui intègrent aussi bien les lectures africaines du monde que celles des autres aires géographiques et culturelles, aux ns de forger de outils partagés, susceptibles de nous aider à relever les dé s contemporains ainsi que la construction sans cesse renouvelée d’un sens nous permettant d’appréhender toute la complexité du monde. A cet effet, la Biennale se donne pour projets : 

  • d’explorer les gisements de savoirs du continent Africain et de revisiter ses archives : il s’agit de réorganiser la pluralité des savoirs africains sur l’Afrique et de les mettre à la disposition du monde ; dans ce processus, les artistes et les grammaires des créativités africaines ont un rôle essentiel à jouer ; 
  • de rejeter les discontinuités : il s’agit ici désormais de repenser, et donc de réorganiser, les temporalités traditionnelles liées à
l’histoire classique ou à l’histoire de l’Art, selon l’histoire africaine, de manière à la concilier avec l’évolution de sa pensée sur le monde ;
  • d’établir une relation au corps et au geste créateur : il s’agit ici, dans l’art africain contemporain, de rétablir le geste et le corps comme prolongement de la pensée à l’origine de tout acte créateur.