Parcours de l’Exposition internationale — Biennale de Dakar 2026

Cinq chemins pour penser l’(anti)fragilité

Comment transformer les fragilités en ressources de création, de résistance et de transformation collective ?

Sous la direction artistique de Morad Montazami, la 16e Biennale de Dakar déploie son exposition internationale autour de cinq lignes de fuite. Ces fils conducteurs proposent différentes manières d’explorer le thème « (Anti)fragilité : arts de la réparation et stratégies du contrecoup ».

De l’écologie aux pratiques du soin, des mémoires de résistance aux savoirs partagés, jusqu’aux circulations entre le continent africain et ses diasporas, ces cinq lignes dessinent un parcours où les œuvres entrent en dialogue avec les histoires, les territoires et les expériences humaines.

Elles ne constituent pas des catégories fermées, mais autant de perspectives pour découvrir les œuvres et comprendre les réflexions qui traversent cette édition.

Ligne 01

Reverdir l’ancien Palais de justice

Écologie décoloniale, agro-résistance et savoirs des plantes médicinales

Et si le vivant devenait une autre manière d’habiter et de penser l’espace d’exposition ?

Cette première ligne de fuite explore les relations entre création artistique, écologie et savoirs liés à la terre. Elle interroge les héritages coloniaux dans nos rapports à la nature, tout en valorisant les connaissances botaniques, les pratiques agricoles et les formes de résistance écologique.

À travers le dialogue entre les œuvres, les plantes et les espaces de l’ancien Palais de justice, elle invite à envisager l’écologie comme une question de mémoire, de transmission et de responsabilité collective.

Ligne 02

Les arts du marronnage

Fugues, refuges, transfuges

Comment inventer des espaces de liberté face aux différentes formes de domination ?

Héritée des résistances à l’esclavage, la notion de marronnage ouvre ici une réflexion sur les stratégies d’émancipation, les formes de refuge et les capacités d’invention collective.

Cette ligne de fuite met en relation les mémoires historiques des communautés marronnes et les pratiques contemporaines qui explorent l’autonomie, la solidarité et la réappropriation des espaces.

Le refuge n’y apparaît pas seulement comme un lieu de protection, mais aussi comme un espace de création, de transmission et de transformation des conditions d’existence.

Ligne 03

Être et créer entre soin et réparation

Les pratiques artistiques au cœur de la cité

Que peut la création face aux blessures individuelles et collectives ?

Cette ligne de fuite explore les liens entre expression artistique, attention à l’autre et réparation. Elle met en dialogue des démarches de création avec des expériences issues du soin, de l’art-thérapie, de la médiation et des pratiques participatives.

Sans réduire l’art à une fonction thérapeutique, elle interroge sa capacité à créer des espaces d’écoute, de rencontre et de reconnaissance.

La réparation s’y envisage autant comme un geste sensible que comme une pratique sociale, capable de retisser des relations et d’ouvrir de nouvelles possibilités de vivre ensemble.

Ligne 04

Partager les savoirs

La bibliothèque sans murs

Et si les connaissances ne se transmettaient pas uniquement par les livres ?

Cette ligne de fuite propose d’élargir notre conception du savoir en accordant une place aux archives, aux récits oraux, aux gestes artisanaux, aux langues et aux mémoires collectives.

Inspirée par l’idée d’une bibliothèque sans murs, elle invite à reconnaître la diversité des formes de connaissance et les personnes qui les portent.

Entre création contemporaine, pratiques traditionnelles et transmission intergénérationnelle, elle fait du partage des savoirs un acte de reconnaissance, de circulation et de réappropriation des héritages culturels.

Ligne 05

Relier les continents

Dialogues diasporiques

Comment les œuvres font-elles dialoguer des territoires, des mémoires et des histoires parfois éloignés ?

Cette cinquième ligne de fuite explore les relations entre l’Afrique, ses diasporas et les multiples géographies qui participent à la construction des identités contemporaines.

À travers les expériences de déplacement, les archives, les transmissions culturelles et les collaborations artistiques, elle interroge les frontières et les appartenances.

Elle envisage la diaspora non comme une simple dispersion géographique, mais comme un espace de circulation, de création et de mise en relation des mémoires.